Le traitement des hémorroïdes par myotherapie

L’hypothèse d’une cause musculaire a l’origine de la maladie hémorroïdaire est évoquée a propos de 39 cas traites par myotherapie. Le spasme du muscle releveur de l’Anus (Levator Ani) générerait une augmentation du tonus du sphincter anal et de la pression dans les coussinets hémorroïdaires dont la traduction clinique serait la crise hémorroïdes et ses diverses complications connues (thrombose, saignement, prolapsus).

Les résultats de 39 cas traités par myothérapie suggèrent une origine musculaire des hémorroïdes. Le spasme du muscle releveur de l'anus (Levator Ani) pourrait entraîner une augmentation du tonus du sphincter anal et de la pression dans les coussinets hémorroïdaires, contribuant ainsi aux crises hémorroïdaires et à leurs complications telles que la thrombose, les saignements et le prolapsus.

Introduction:

Il est très surprenant de constater qu’une pathologie aussi banale que celle qui est communément désignée par les patients comme « avoir des hémorroïdes » représente une inconnue, aussi bien dans ses aspects anatomiques que physiologique et épidémiologiques.

on ne sait pas précisément, en effet, ce que sont les hémorroïdes, a quoi elles servent et surtout quel est le mécanisme de leurs pathologies. Si l’on peut repérer des facteurs déclenchants, encore que beaucoup d’entre eux soient controverses, on ne cerne pas avec précision la cause réelle de cette pathologie, son primum movens. Cette situation rappelle celle qui prévaut dans la migraine.

Si l’on sait bien décrire le déroulement de la crise, sa sémiologie, sa conséquence locale et systémique, la multiplicité des théories éthiopathogénique rend bien compte de l’incertitude dans laquelle on se trouve: comme pour la migraine aucune explication réelle de la pathologie hémorroïdaire ne peut être donnée actuellement. La théorie du myospasme permettrait elle d’éclairer la problématique, d’unifier les hypothèses connues comme elle l’a fait pour la migraine?

Rappel anatomique:

Les hémorroïdes sont des éléments vasculaires présents normalement dans la région ano-rectale. Il s’agit d’un tissu particulier, distribue en deux plexus, l’interne et l’externe, le premier constitue de coussinets (anal cushions des anglo-saxons) étroitement mêlé de fibres musculo-conjonctives, d’endothélium, soit de type veineux, soit de type capillaire, d’anastomoses artério-veineuses. Au total, un tissu particulièrement complexe. Il est généralement admis que ces coussinets, de volume constamment variable et adaptable, auraient pour fonction principale, la continence fine du sphincter anal.

Le sphincter est lui-même constitue de deux parties encastrées l’une dans l’autre : un manchon interne forme par la couche musculaire interne du rectum et un manchon externe, comportant un faisceau profond issu du faisceau pubo-rectal du muscle levator ani (Releveur de l’anus). Dans l’espace inter-sphinctérien, nous allons trouver des fibres du muscle pubo-rectalis, celles de la couche musculaire longitudinale externe et de l’aponévrose pelvienne. Ce complexe fibro-musculaire appelé ligament de Parks passe sous le sphincter interne pour adhérer fortement a la muqueuse formant le pecten. Le plexus hémorroïdaire interne est donc si l’on peut dire, “coince’’ entre la couche longitudinale musculaire, elle-même issue du muscle pubo-rectalis et donc du muscle Levator Ani, et la muqueuse anale. Le plexus hémorroïdaire externe est de la même facon “coince’’ entre la peau et la partie inférieure du ligament de PAKS et le faisceau externe (partie superficielle et plus au-dessus, partie profonde).

Il existe donc un rapport étroit entre le système vasculaire hémorroïdaire et le muscle Levator Ani. On devine que toute anomalie du fonctionnement de ce muscle, et en particulier un myospasme permanent va retentir immédiatement sur les structures vasculaires avoisinantes.

Les hémorroïdes sont vascularisées par :

* Les artères :

  • artère rectale supérieure issue de la mésentérique inferieure (plexus interne)
  • artère rectale moyenne issue de l’artère iliaque interne (plexus int. et ext.)
  • artère rectale inférieure issue de l’artère honteuse interne (plexus ext.) cf figure II

* Les veines :

  • veine rectale supérieure qui se draine par la veine mésentrique inferieure dans la veine Porte (plexus int.) Les veines sont avalvulées.
  • veine rectale moyenne qui gagne la veine cave inf. Par l’iliaque int. (plexus ext. et int.)
  • veine rectale inférieure qui gagne le système cave par la veine honteuse interne.
  • Il existe de très nombreuses anastomoses veno-veineuses, réalisant un système anastomotique porto-cave et de nombreuses anastomoses atério-veineuses au niveau des hémorroïdes et au niveau capillaire.

Les rapports entre les vaisseaux et le muscle levator ani sont également très étroits.

RAPPEL CLINIQUE :

3 signes principaux évoquent la maladie hémorroïdaire.
* La rectorragie : représente le principal motif de consultation et le signe le plus fréquent (40% des cas).
* La tuméfaction : plus ou moins eductible ;
– soit tuméfaction isolée a la marge de l’anus avec douleur exquise a la palpation signant l’atteinte du plexus ext.,
– soit sensation de pesanteur intra-anale avec, a l’anuscopie, les aspects d’anus bleu ou rouge, signant la pathologie hémorroïdaire interne.
– soit l’extériorisation des 3 paquets hémorroïdaires en position latérale gauche, antérieure droite et postérieure droite, traduisant le prolapses qui, s’il est associe à une thrombose, représente une véritable urgence chirurgicale.

* La douleur qui Presque toujours est le signe d’une thrombose interne ou externe.
Tous les auteurs s’accordent pour signaler la non spécificité de ces signes qui dans tous les cas doivent imposer un examen proctologique complet, a la recherché d’une cause, principalement un cancer ano-rectal ou colique. Cette notion est importante à retenir car le traitement Myothérapique parfois tellement efficace sur la symptomatologie aigue qu’il peut rassurer faussement sur l’absence de pathologie associée.

RAPPEL PHYSIO-PATHOLOGIQUE :

Rappel des notions qui sont actuellement pratiquement abandonnées par la majorité des auteurs :

La pathologie hémorroïdaire n’est pas une phlébite et ne peut être attribuée à des varices du rectum. Elle n’a aucun rapport avec des varices des membres inférieurs. Pour beaucoup, il ne s’agit pas d’une pathologie veineuse.

Le constipation, si longtemps évoquée comme cause principale, est pratiquement réfutée : une récente étude (7) portant sur 325 patients ayant subi une anuscopie au Centre Médical de Milknaukee a montré que 168 sujets étaient porteurs d’hémorroïdes et qu’aucune association significative entre constipation et hémorroïdes n’a été trouvée, de même qu’entre l’âge, la présence de cirrhoses ou de varices. Au contraire, il semblerait que la diarrhée soit plus fréquemment associée a cette pathologie que la constipation.

Cette absence de lien entre constipation et hémorroïdes est aussi confirmée par une étude résumant de très nombreuses données épidémiologiques aux USA, en Angleterre et au Pays de Galle (8). Il en résulterait que le profil des 10 millions d’américains souffrant d’hémorroïdes (correspondant à un taux de prévalence de 4.4%) est pratiquement à l’oppose du profil de la population souffrant de constipation “remettant en question la présomption de causalité entre constipation et hémorroïdes”

Les théories etiopathogeniques les plus souvent évoquées sont les suivantes :

* Théorie mécanique (9) : les efforts répètes de défécation entraineraient un relâchement progressif des éléments suspenseurs, fibro-musculaires des plexus hémorroïdaires rendant compte du prolapsus divise classiquement en 4 stades :

– Le 1er correspondant à l’anité bleue (veines dilatées qui s’engorgent à l’effort).
– Stade 2 : prolapsus uniquement à l’effort capable de réduction spontanée.
– Stade 3 : prolapsus d’effort réductible uniquement par manœuvre manuelle.
– Stade 4 : prolapsus permanent non réductible.

On a vu plus haut comment cette théorie de l’effort de défécation lie à la constipation était peu convaincante au plan épidémiologique.

On peut en rapprocher la théorie dégénérative : le tissue fibro-élastique qui soutient les hémorroïdes internes s’altèrerait avec l’âge. Le ligament de Parks et le ligament suspenseur finiraient par se rompre expliquant le prolapsus permanent (2).

Les théories etiopathogeniques les plus souvent évoquées sont les suivantes :

A) Veineuse : la gène au retour veineux d’origine mécanique (présence de selles dans l’ampoule rectale) favoriserait la retro dilatation du plexus hémorroïdal interne par hyperpression portale et systémique, fait appel encore au mécanisme si discute de la constipation mais a le mérite de souligner l’hyperpression dans le réseau hémorroïdal.

B) Artérielle : Il y aurait une augmentation du débit sanguine dans le territoire splanchnique (artère mésentérique inférieure, artère hypogastrique et honteuse interne V fig II)

C) Theorie des shunts arterio-veineux :Les shunts artério-veineux (les canaux de Suquet) qui sont à l’état latent dans des conditions normales, pourraient s’ouvrir lors de certaines agressions, variations de pression, exonération difficile, ingestion d’alcool ou d’épices. Ils modifieraient la motricité vasculaire pelvienne provoquant “l’anité rouge” et l’hémorragie de sang rouge vif.

 Les canaux préférentiels artério-veineux sous commande neuro-végétative qui siègent dans la sous muqueuse anale seraient susceptibles également de désordres vasculaires (9).

D) Théories sphinctériennes :

L’hypertonie sphinctérienne mesurée par manomètre ano-rectal génèrerait la pathologie hémorroïdaire : augmentation de la pression basale du sphincter anal, instabilité de cette pression. Des études récentes mettent en évidence cette augmentation de pression basale. Cependant, pour ces auteurs, cette augmentation de pression semblerait être un phénomène secondaire plutôt qu’une cause de la pathologie hémorroïdaire. Le phénomène le plus important  serait l’augmentation de la pression dans les coussinets hémorroïdaires (10). Le rôle du muscle longitudinal dans la pathologie hémorroïdaire est alors évoqué (11) et (12).

Les auteurs déplorent le manqué d’intérêt porté au phénomène musculaire dans la pathologie hémorroïdaire alors qu’ils soulignent le rôle du soutien des structures vasculaires anales, de sa fonction dans la défécation, etc…

Notre hypothèse d’un spasme du muscle Levator Ani a l’origine de la maladie hémorroïdaire s’intègre donc parfaitement dans les recherches et les interrogations etiopathogeniques les plus récentes.

Pour aller plus loin dans la compréhension de vos douleurs et troubles fonctionnels, nous vous invitons à découvrir les principes de l’Énergétique Chinoise et comment elle peut vous aider.